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mercredi 14 août 2013

Deux semaines pas comme les autres

Mardi 13 août 2013
Ça y est, l'heure du départ approche pour mes trois amours.

Demain, Jean-Fred, Jean-Léon et Aurèle prendront l'avion pour Montréal, pour passer deux semaines de vacances au Québec dans nos familles.

Aujourd'hui, l'excitation était à son comble pour Jean-Léon qui a hâte de retrouver ses grands-parents (il n'a pas vu ses grands-parents paternels depuis un an...c'est fou comme c'est long quand on y pense), sa Mimi et ses cousins...hâte de jouer dans la cour à Longueuil, de se baigner à Sillery, d'aller au chalet...Je sais que je peux compter sur lui pour profiter de chaque instant, s'amuser et faire le plein de paysages et de câlins tout en sachant que sa vie est ici maintenant, en Angleterre.

Jean-Léon est prêt à refaire le plein d'autocollants du Québec
et de bien d'autres choses encore...
 Car en même temps, il dit qu'il ne veut pas être séparé de moi, qu'il veut que je sois toujours avec lui. Mais ça, c'est généralement au moment d'aller dormir. Je sens qu'il est déchiré entre le goût de l'aventure, l'appel de la découverte et le besoin de stabilité, de sécurité qui fait qu'il veut "rester ici pour toujours", comme il dit. J'ai l'impression de vivre le même déchirement.

Aurèle est prêt pour sa dernière journée
avec ses amis de Planet Tiny. 
Pour Aurèle, c'est différent. Chaque fois qu'on évoque son départ (depuis deux jours seulement qu'on lui en parle), il fait un gros sourire par en bas et nous lance un "Nooooo!!!" sonore. Ouf. Je sais qu'il arrivera à s'adapter et à m'oublier un peu, mais ce n'est pas facile de le laisser partir comme ça. Aujourd'hui, il a aussi dit "Au revoir" à ses éducatrices et amis de la garderie Planet Tiny où il allait depuis novembre. Il entrera en octobre à la garderie où allait Jean-Léon cette année. Bref, beaucoup d'émotions dans la même journée pour notre beau Aurèle bidou.

Pour les préparer, aujourd'hui, on a imprimé ensemble quelques photos de nos faces bizarres qu'on avait faites cet hiver. On a bien rigolé! J'en ai glissé quelques-unes dans leurs sacs à dos que j'ai soigneusement préparés. Quand ils me verront en photos pendant les deux prochaines semaines, pas question d'être triste! Ils pourront rigoler en voyant mon visage tout déformé!
Des monstres pour me protéger. Merci mon beau trésor!

J'ai préparé leur valise (une seule pour les trois!) en pensant à chaque morceau de vêtement qu'ils voudront porter, à chaque activité qu'ils feront. Je suis tellement heureuse qu'ils fassent ces belles vacances au Québec avec la famille et leur papa d'amour.

Et tellement triste à la fois de manquer tout ça. Encore une fois. Une dernière fois, je l'espère. Autant de sacrifice pour achever ce projet débuté il y a huit ans, pas mariée, pas d'enfant, et dont j'entrevois maintenant la fin. Reste à me munir de quelques paquets de nouilles asiatiques, de plats préparés de chez Cook (le marchand de plats surgelés deluxe, genre Picard en France) et à me retrousser les manches pour aller les rejoindre dans deux semaines, avec une version complète de la thèse dans mes bagages.

Bonnes vacances à mes amours et bonne retraite à moi!

mardi 23 juillet 2013

10 choses dont je ne pourrais pas me passer en ce moment

Je refais l'exercice, un an et demi plus tard. Et je constate à quel point ma vie a changé. La version précédente est ici.

10 choses dont je ne pourrais pas me passer en ce moment :
1) L'aide mon précieux complice : en aucun temps, je ne pourrais me passer de lui, mais en ce moment, c'est critique car je dois mettre les bouchées doubles (en temps et en énergie) pour atteindre mon objectif de déposer ma thèse au plus tard au début du mois d'octobre. La soutenance est déjà organisée et prévue pour le 6 décembre. Faut que j'opère et que je livre la marchandise. Et sans Jean-Fred pour m'appuyer, m'écouter, partager les tâches domestiques et le temps avec les enfants, ce serait impossible d'y arriver.



2) Mon groupe de féministes : ça a commencé par des profs de littérature qui, pendant la grève étudiante, se sont retrouvées sur une page Facebook pour être solidaires des étudiants. Puis, c'est devenu un groupe de filles et de gars féministes qui partagent toutes sortes de lectures, réflexions, pensées sur toutes sortes de sujets. C'est devenu pour moi un groupe d'amies virtuelles avec qui j'échange, partage, découvre, apprend. Une communauté dont j'avais bien besoin cette année dans la solitude de la capitale.

3) Prendre ma douche le soir : depuis que Jean-Fred le fait aussi, depuis que je sais que même Girl's Gone Child (une célèbre blogueuse dans la blogosphère des mamans) le fait, c'est beaucoup plus facile d'accepter de sacrifier cette habitude de me laver le matin pour me réveiller, me sentir plus fraîche et quoi encore... Reste que ça sauve notre routine du matin et ça nous permet d'être à l'heure à nos points de chute (garderie d'Aurèle et pre-school de Jean-Léon) en tout temps (ou presque).

4) Notre jardin : petit mais rempli de vie, jonché de lierre et de jouets, il contient pour moi tous les bonheurs de l'été. On y joue, mange (on a sorti la table de la cuisine depuis 2 semaines), capture des escargots, apprend à faire du vélo, prend l'apéro.

5) Mon appareil-photo : mon meilleur ami lors des sorties au parc, des après-midis dans le jardin, des visiteurs qu'on a eu le bonheur d'accueillir. Merci encore à JF de me l'avoir offert l'an dernier.

6) Les parcs : idéal pour aller pratiquer le vélo et la trottinette, pour aller manger une glace ou faire un pique-nique. Nous faisons grand usage des deux parcs qui entourent notre maison, Highgate Wood et Alexandra Park.

7) Mon imperméable : cadeau de moi à moi acheté à Bruxelles, il m'a bien servi pendant ce printemps qui s'est étiré.

8) Mon parfum Chanel : un autre cadeau de mon chum. On s'habitue vite à porter une telle fragrance qui évolue au fil de la journée, sans jamais se dissiper complètement. Maintenant, il n'y a pas une journée sans que je m'enveloppe de Chanel. Quel luxe!

9) Mes nouvelles fréquentations : les mamans du pre-school de Jean-Léon. Cela aura pris 7 mois avant que je puisse vraiment avoir le sentiment de créer de nouveaux liens ici. Et on continuera de se fréquenter puisque plusieurs amis de Jean-Léon le suivront à la même école primaire, dès septembre. À suivre...

Ma nouvelle amie Ana avec son fils Max.
Sur le banc, Jean-Léon et son ami Oscar, "relaxing" comme dit Jean-Léon.

10) Notre gardienne Amrit : précieuse alliée pour nos quelques sorties, rares mais nécessaires et tellement agréables. On espère l'avoir plus souvent avec nous à l'automne, alors qu'Aurèle passera de sa garderie au pre-school avec une pause de 3 semaines sans garderie. C'est une nouvelle grand-maman, on espère que ça lui laissera du temps pour nous!

jeudi 4 avril 2013

Se faire des amis

Dans le dernier numéro de la revue de mon épicerie (chaque épicerie a sa revue ou son journal, payant ou gratuit, et c'est parfois tout ce que j'ai le temps de lire dans une semaine, avec le supplément Week-end du Guardian), une chroniqueuse écrivait sur les stratégies pour se faire des amis, une fois qu'on est adulte. Déménagée en Écosse avec deux jeunes enfants, l'auteure rapporte une expérience très semblable à la mienne. Comme l'a prouvé la visite de mes trois meilleures, pouvoir compter sur de précieuses amitiés, souvent engagées depuis plusieurs années, c'est essentiel et ça n'a pas de prix. 

Mais que fait-on pour survivre au quotidien dans une ville étrangère ? Comment se faire des connaissances ou des amis avec qui partager ce que la chroniqueuse nomme le "day to day"? Quand on a de jeunes enfants, qu'on vit loin de notre famille et de nos amis, faire la conversation avec d'autres adultes, et qui plus est des adultes qui partagent nos intérêts, ça devient nécessaire. Et ça enlève aussi de la pression sur le conjoint qui devient souvent le seul adulte "parlable" dans un rayon de 5 km...

Après la visite de mes trois meilleures, visite pendant laquelle j'ai eu le sentiment de redevenir moi-même à 100%, j'ai éprouvé la nécessité de faire un effort pour créer des liens, pas nécessairement durables, mais au moins enrichissants. Je me suis rappelée à quel point le petit cercle dont je faisais partie à Oxford m'apportait ma dose d'écoute, de conversation, de partage, de divertissement, d'activités. Je me suis bien ennuyée de toutes les sorties faites avec Sophany, Juliette, Karla, Ève, Sophie, des appels et des courriels échangés avec elles...

Dans ma situation (que je vous résume ici, juste au cas : écrit une thèse le matin et le soir, s'occupe de ses 2 enfants le reste du temps), deux défis supplémentaires se posent à moi : 1) ma maîtrise de la langue anglaise n'est pas "optimale" et 2) je ne sais plus trop qui je suis en dehors de mes enfants et de ma cuisine, compte tenu que ça fait deux ans que je suis avec eux à temps plein (c'est-à-dire sans travailler à l'extérieur).

À ces défis s'ajoute le fait que dans une ville comme ici, grande capitale et centre du monde anglo-saxon de ce côté-ci de l'Atlantique (il faut bien le dire), l'individualisme est à son comble et les contacts humains, suspects.

Donc, comment remédier à tout ça en même temps ? Trouver ce que j'aime, améliorer mon anglais, créer du temps pour moi, pour ça aussi...Pas facile! 


Mes collègues, mes amis, précieux complices du quotidien :
des gens d'une qualité rare avec qui je partage tout et qui savent comment me faire plaisir.
Cette photo prise l'an dernier pour mon anniversaire, dans "mon" cher bureau, au cégep, en est la preuve.
Fin de semaine de filles au Baluchon,
pour rattraper un peu le temps perdu et se créer d'autres magnifiques souvenirs
(septembre 2012)
J'ai réfléchi à tout ça en repensant aux défis semblables qu'avait rencontré mon amie Claudie, lorsqu'elle vivait en France pour sa thèse (je me souviens qu'elle avait alors pris part à une chorale), mon amie Shannon aussi, émigrant de la Californie à Montréal sans parler un mot de français au départ.

Avec JF, on a donc développé un plan stratégique en trois étapes :
1) Me mettre en forme en m'inscrivant à des cours de Zumba, à deux minutes de chez nous, dans un sous-sol d'église donc pas trop cher et pas d'abonnement à un club hors de prix. Après quelques semaines de cette activité (que j'adore même si je ne peux m'empêcher de penser que ce serait TELLEMENT plus amusant avec une amie...), je suis bien motivée à continuer. La prof est très dynamique et sympathique et il y a au moins une autre participante à qui j'ai parlé et qui semble intéressante (elle est maman de 3 garçons en bas âge et habite le quartier). Le groupe qui organise les cours de Zumba tient aussi des soirées de salsa quelques vendredis soirs par mois. Ce n'est pas dit que je n'irai pas explorer ça aussi et renouer avec une vieille passion...

2) Participer à quelques soirées de conversation bilingue organisées par le groupe Franglish, dans un bar très sympa du centre-ville. La formule rappelle un peu celle du "speed dating", la dimension romantique en moins! On parle pendant 14 minutes avec une personne, 7 minutes en français, 7 minutes en anglais, puis on change d'interlocuteur. Ça permet de rencontrer plusieurs personnes, de découvrir des gens et des intérêts différents pour le français. Comme j'aime rencontrer de nouvelles personnes, même si ce n'est que pour quelques minutes, et aider quelqu'un à améliorer sa maitrise de la langue française, cette activité me plait beaucoup. J'ai l'impression de renouer un peu avec ma fibre enseignante. En plus, je me fais dire à chaque fois que mon anglais est très bon et que mon parcours est passionnant (!?) donc c'est valorisant!

3) Donner un peu de place à mon amour de la littérature, dans une version plus légère que l'écriture de ma thèse, en participant à un club de lecture organisé par une petite librairie de mon quartier. L'activité a lieu une fois par mois, je compte y aller le mois prochain. Je pense qu'à mon âge, avec mon style de vie (c'est-à-dire sans travail) les clubs sont d'une certaine façon inévitable pour socialiser, une fois qu'on a (re)trouvé ce qu'on aime. Dans le même esprit, je suis aussi devenue "Amie" du Phoenix, le cinéma répertoire de mon quartier (une des plus vieilles salles de cinéma de la ville, d'ailleurs) qui présente des nouveautés françaises et étrangères, des classiques et qui a aussi un ciné-club pour enfants avec une programmation vraiment intéressante. C'est là que j'ai vu Mon voisin Totoro avec Jean-Léon.

Pour le reste, il y a les mamans du pre-school que je commence à connaître un peu plus, les éducatrices de la garderie Aurèle qui sont toutes charmantes et sympathiques, le livreur de mon épicerie toujours très affable et prêt à jaser un brin...